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 L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu


Try My Luck :: Gwangju, ville de mon coeur :: 서구 ✩ Seo-Gu ::  Yangdong Market
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Yang Kiju
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MessageSujet: L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu   Ven 16 Fév - 21:57


L'envie d'une cigarette

 







Un fracas. Un miaulement. Des aboiements. Encore le chat de la voisine qui essaie de prouver que les félidés sont supérieurs aux canidés. Et kiju se réveille en sursaut. Les réveils brusques ne plaisent à personne ; et généralement, la situation amène avec elle son amie : mauvaise humeur. Kiju l’est maintenant. Mais pour combien de temps encore ? La nuit a été courte pour le jeune homme. Ses paupières encore collées, il réussit à décrypter l’heure. Sur son vieux téléphone, huit heures et une minute restent inscrites sur l'écran quelque peu fissuré. Un soupir passe entre ses lèvres légèrement sèches ; vite humectées par son muscle rosé. Intérieurement, il injure ce sale chat ; même si kiju aime beaucoup sa compagnie, lorsque celui-ci n’arrive pas à trouver le sommeil. Couché à quatre heures du matin, son corps lui semble lourd, tout comme ses paupières. Et des bourdonnements résonnent dans sa boite crânienne ; effet insupportable. Il aimerait se rendormir, fermer ses yeux et retrouver ce doux visage, qui le hante toutes les nuits. Seulement, kiju doit bouger. Non pas qu’il travaille aujourd’hui ; mais ses paquets de nicotines sont vides. Un besoin urgent se fait. Alors sans plus attendre, kiju se redresse, retirant la couette de son corps.  

Paré à sortir ; le jeune homme aux yeux vairons, camouflés par des lentilles couleur noisette, fourre son sac sur ses épaules. Il vérifie que toutes affaires dont il a besoin, soient dans son bagage, en cas de fuite. Une simple tenue, son vieux carnet où se trouvent des dessins de son premier amour, ses crayons et son portefeuille suffisent ; toujours voyager léger. Oui, kiju fait attention à tout ce qui l’entoure, prêt à disparaitre de cette ville dont il s’est pris d’affection, il y a plus de neuf mois.

Yangdong Market, marché dont kiju aime s’y rendre. Lui, qui d’habitude n’apprécie pas les endroits bondés. Ce lieu ; il l’a photographié, dessiné et peint. L’atmosphère, jour comme nuit ; certes totalement différente ; l’a charmé. Il ne serait dire pour quelles raisons, ou peut être que si. Mais il n’est pas du genre à s’exprimer inutilement. Ses pas se dirigent un peu plus loin, hors des stands et de la foule matinale ; vers l’endroit où il achète quotidiennement sa tumeur des poumons. Il s’introduit dans le petit commerce, déjà occupé par un client ; plus petit de taille, qui semble même chétive. Ce dos. Il a cette impression de l’avoir déjà vu, de l’avoir déjà connu, de l’avoir déjà enlacé. Stop. Les pensées de kiju s’égarent. Il salue le propriétaire, qui a déjà préparé le fameux paquet, à la vue du jeune homme. En même temps, il doit être l’un des seuls clients à consommer cette marque. « Ah, aujourd’hui, deux paquets, s’il vous plait. » Pour réponse un « ta santé, gamin. » Alors que son geste n’est pas en accord avec ses mots. Kiju paie, en espèce. Il ne connait pas le mot carte bancaire, ni même chéquier. Le liquide est son meilleur ami ; intraçable. Alors qu’il pose son argent sur le comptoir, son regard se perd sur la personne à côté de lui. Un choc. Non. Kiju vient de faire un collapsus. Plus rien ne répond ; son cerveau semble déconnecté. Ilkyu. Est-ce bien lui ? Mais la voix grave et inquiète du gérant le sort de son état second. « Désolé M’sieur, courte nuit. » S’excuse-t-il, de son air habituellement froid ; prenant ses paquets de black stone cherry pour trouver, d’un pas rapide, la sortie du commerce.

Il lui en faut une. Et vite. Il déchire l’ouverture de son paquet de cigarillos américain, et en pince une entre ses lèvres rosées, avant de l’allumer avec son zippo. Ce n’est pas possible. Lui, ici, dans cette ville ? Kiju inspire son air toxique. Il ferme les yeux. Ça lui procure un bien fou. La forte odeur de son bâton de nicotine se répand dans l’air. Et il essaie de se vider la tête. Mais impossible. Ilkyu l’a déjà envahi. Son visage. Ses traits demeurent plus séduisants, plus hommes. Sept années se sont écoulées. Et il semble changé ; plus confiant, plus responsable. Contrairement à kiju, qui lui reste le garçon de seize ans, sensible et émotif ; celui qui pleure, à la nuit tombée.


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Eden Ilkyu
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MessageSujet: Re: L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu   Ven 16 Fév - 23:47


Kiju & Ilkyu

L'envie d'une
cigarette


Sept heures quinze du matin. Le ciel s’embrase, déjà, du soleil levant. Monde en éveil, la ville se prépare, à une autre journée. Toujours la même.

Premiers rouages de la routine, actionnés, le réveil sonne, comme toujours, dans l’appartement, trop grand, pour deux. Silhouettes éparpillées, dans l’immense lit, l’une geint - il est trop tôt, pour elle. Et puis, y a Ilkyu, le lève-tôt, le travailleur, prêt à émerger pour sa journée de labeur.

Elle est dure à quitter, la chaleur du lit, la douceur des draps, pour le devoir qui lui tend les bras. Pourtant, il ne peut pas nier, Ilkyu, qu’il l’aime, le matin. Calme apaisant, dégagé par Gwangju qui doucement, sort du sommeil. Depuis la grande baie vitrée du salon, il observe, le monde, en sirotant, le café trop amer, un peu brûlant. Savoure les quelques instants de solitude, plus que la dose de caféine, nécessité plus que plaisir.

Les yeux dans le vague, plongé dans ses pensées. Cette nuit encore, il était là, en songes. Rêveries constamment hantées d’yeux vairons, de mains trop fines, sourires trop doux. Un soupir. Quand est-ce que tu me la rendras, Kiju, ma liberté ? Quand est-ce que tu vas me laisser aller ? T’en as pas assez, de toujours me manquer ? Les souvenirs pourtant trop chéris, pour vraiment vouloir les effacer.

Solitude rompue, par la familière silhouette aux courbes féminines, les bras réconfortants qui viennent l’enlacer. Présence dans son dos, et un menton posé sur son épaule. La voix est douce, à l’oreille, murmures à peine de celle qui n’ose pas déranger.

Bonjour...bien dormi ? T’as l’air rêveur, c’est mignon. À quoi tu penses, comme ça ?

À rien, il voudrait répondre, Ilkyu. Et comme ça, d’un coup, le retour à la réalité effectué, l’engrenage à nouveau actionné, des étapes chaque matin répétées. Fin du café prestement avalée, la dose de sucreries engloutie, sur un arrière plan de nouvelles matinales. Le temps passe, lentement, et on le laisse faire - rien n’est pressé.

Une heure écoulée, temps pour Ilkyu, de s’en aller. Rapide baiser, automatisme plus que tendresse, et toujours les mêmes mots sortent de leurs lèvres, quand il se presse, sur le pas de la porte. Fais attention à toi, exige-t-il. La peur toujours, que le sort se répète. Ne te tue pas, sur la route, se moque-t-elle, regard jeté vers l’amende dont il a encore écopé, traînant sur la commode de l’entrée. Même pas de réponse, les yeux au ciel. Vite, parti.

Il roule encore trop vite. Le bitume rapidement avalé, de l’appartement à Yangdong Market, pas loin du cabinet. Premier arrêt, pas le bureau de travail, mais celui de tabac. Besoin pressant, de réapprovisionner ses stocks de nicotine - ses poumons lui en voudraient, d’être trop sains.

Un paquet de Winston, 100s, s’il vous plaît.

Classique pour son cancer, jamais il ne déroge à la marque fétiche. Prend son temps, une fois l’article payé, de s’attarder dans l’échoppe. Sans trop savoir pourquoi.
Puis y a la voix, sa voix. Mais non, il pense, ça peut pas être la sienne - après tout, en y réfléchissant, elle est plus grave, plus mature. Alors pourquoi, Ilkyu, il a le ventre serré, d’un coup ? Frappé soudainement par le souvenir qui le hante. Pourquoi il a peur, de lever les yeux ? Peur d’être déçu, stupide - il le sait bien, que c’est impossible, qu’il le verra plus jamais. Kiju ne sera plus jamais là, pour Ilkyu.

Mais résonne encore, le timbre trop familier, même après toutes ces années, qui vient frapper ses entrailles. Le regard n’est que furtif. Mais il suffit. Même vieilli, même sept ans plus tard, Ilkyu, il reconnaîtrait entre mille, ces traits trop doux, ceux de celui qui fut tant aimé, l’est toujours, au fond.

Et puis, le monde s’est écroulé. Y a plus de couleurs, sur la toile vierge de son visage, y a plus que la stupeur, presque la peur, tandis que le souffle s’accélère. Quand il le regarde, partir, lui échapper, encore - mais non, pas cette fois. Il doit être fou, Ilkyu, il voit les fantômes. Pire que ça. Il leur court après. Même pas un regard d’excuse vers le commerçant, tandis qu’il s’engouffre dans le froid de la rue.

Et toujours, il est là. Plus réel que pourront l’être, n’importe quel rêve, n’importe quel spectre. C’est à n’en plus rien comprendre. Il l’a vu, Ilkyu, mourir sous ses yeux, éclaté sur la chaussée. Il contrôle plus rien, Ilkyu, laisse un flot de paroles s’écouler en cascade de ses lippes.

Kiju. Putain. Kiju, est-ce que...c’est - non, ça peut pas être toi, c’est, c’est impossible - tu...t’es…

Tu es mort. Impossible à dire, peur que les simples mots le fassent évaporer.

Comment c’est possible ? Kiju, dis-moi que c’est toi, je - c’est moi, c’est Ilkyu. Putain de merde, c’est de la folie. J’dois être encore en train de rêver, j’vais me réveiller. Ou alors je suis devenu taré, j’suis en train d’halluciner. Y a pas d’autre possibilité.

Il se ressemble même plus, Ilkyu. C’est pas lui, l’être qui perd tout ses moyens. Mais devant lui, y a Kiju, et les émotions, elles font ravage, torrent infernal.

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Yang Kiju
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MessageSujet: Re: L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu   Sam 17 Fév - 2:00


L'envie d'une cigarette

 







Les mains tremblantes suite à cette rencontre inattendue, même improbable ; le jeune homme réussit à allumer son cigarillo, au bout de la troisième fois. Jamais kiju aurait pensé croiser son premier amour dans cette ville ; encore moins dans ce pays. Il s'était dit qu'Ilkyu avait rejoint sa ville natale. Il s'était fait une raison. Pour lui, Ilkyu l'avait abandonné. Mais pourquoi ? Il n'a jamais eu de réponses à ses questions, qui ne font que déchirer son organe vital. L'air toxique reste un instant dans les poumons de kiju ; pensif, même craintif. Il pense à fuir, mais ses pieds restent ancrés dans le sol. Foutues jambes. Pourtant ce sont les premières à prendre la fuite lorsqu'il le faut. Et là, elles le laissent tomber, en beauté. Espère-t-il avoir été reconnu par cet homme ? Il ne sait pas. Enfaite, si. Mais kiju préfère le garder bien caché au fond de lui. Il ne veut pas désirer quelque chose qu’il ne peut plus avoir. Simple bouclier ou gamin égoïste ?

Deuxième solution, le frapper. Après tout, Ilkyu lui a brisé le cœur, sans aucune raison, sans donner la moindre nouvelle. Mais kiju hait la violence. Son passé y est parsemé. Et puis, il ne peut faire de mal à Ilkyu, à ce visage si parfait. Une autre bouffée toxique s'introduit dans ses poumons puis cette voix résonne jusqu'à ses tympans. « Kiju. Putain. Kiju, est-ce que...c’est - non, ça peut pas être toi, c’est, c’est impossible - tu...t’es…»  Il s'est quoi ? Installé à Gwangju ? Oui, et peut être que maintenant kiju regrette d'avoir choisi cette ville, qui héberge l'homme qu'il aime tant. « Comment c’est possible ? Kiju, dis-moi que c’est toi, je - c’est moi, c’est Ilkyu. Putain de merde, c’est de la folie. J’dois être encore en train de rêver, j’vais me réveiller. Ou alors je suis devenu taré, j’suis en train d’halluciner. Y a pas d’autre possibilité. » Bien sûr qu'il l'a reconnu. C'est son Ilkyu. Le jeune homme qui lui a tendu la main alors qu'il se faisait maltraiter par ses camarades, celui qui lui a volé ses sourires, celui qui lui a fait découvrir le sens du mot amour. C’est Monsieur-première-fois-à-tout. Et juste en apercevant ce dos, kiju l'a su. Mais il n'aurait pas dû regarder Ilkyu. kiju aurait dû tracer son chemin.

Puis il faut sincèrement qu'Ilkyu arrête de prononcer son prénom. Son organe vacille chaque fois qu'il le récite de ses lèvres tentatrices. Oh oui, kiju aimerait y goûter une nouvelle fois. Kiju aimerait prendre Ilkyu dans ses bras, lui chuchoter à quel point son amour lui a manqué, kiju aimerait tant de choses d'Ilkyu. Mais kiju reste de marbre. Son visage reste marqué par l’indifférence. Difficilement. Mais sûrement. Avec les années, kiju a su maitriser ses émotions. Peut-être qu’il s’était préparé à cette rencontre ; à faire semblant de ne pas connaitre cet homme. Mais kiju veut rire. Rire d'ironie, rire de tristesse, rire de joie ? C'est confus. Tout comme pour Ilkyu. Qu’est ce qu’Ilkyu raconte ? Kiju ne comprend rien. Rêve ? Hallucination ? Rien de tout ça. Juste le hasard. Un hasard que kiju commence à détester. Pourtant il se dit que c’est peut-être sa chance d’avoir ses réponses. « Et si j’étais cet homme dont vous parlez ? Que se passerait-il ? Vous croyez que nous irions boire un café pour faire l’historique de nos passés ? » Calme n’est point le cas de kiju. Il a envie de gueuler sur Ilkyu, de l’insulter et pour une fois, d’utiliser son poing. Mais il n'y arrive pas. Les souvenirs jaillissent dans sa tête. Douceur et tendresse se font délicieuses. Elles ont marqué le corps de kiju. Une marque qui lui semble indélébile. Et ses yeux faussement noisette s’humidifient peu à peu. Kiju s’oblige à détourner le visage. Il ne veut pas perdre cet instant, ce moment. Alors il continue. « Et qu'est ce qu'il vous fait croire que je suis ce kiju ? » dit-il faussement blasé. Son cigarillo se glisse entre ses lèvres, pour y inhaler une nouvelle fois. Cet air l'apaise. « J'dois vraiment lui ressembler pour que vous vous mettiez dans cet état, non ? » Sa voix est devenue plus grave. Kiju a failli craquer. Parce qu'il n'a jamais aimé voir Ilkyu s'inquiéter. Et il attend impatiemment la réponse de son ex-amant. Il veut entendre cette voix, encore et encore. Celle qui pouvait lui raconter n'importe quelle chose irréaliste, que kiju l'aurait cru sur parole.  


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Eden Ilkyu
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MessageSujet: Re: L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu   Sam 17 Fév - 3:55


Kiju & Ilkyu

L'envie d'une
cigarette


C’est comme une bombe. Émotions-dynamite, souvenirs TNT, qui demandaient qu’une étincelle bien placée pour exploser, tout ravager sur leur passage. Il aura suffit d’un visage. Et, d’un coup, bam ! Y a tout qui pète. Insensé, tout ça est insensé. Kiju est mort, Ilkyu l’a vu, vu de ses yeux, continue de revoir, les images de l’incident. Et même si ce n’était pas le cas, même s’il avait survécu, pourquoi ce si long silence ? Abandonné dans son malheur pendant des années, il pourrait presque le détester, s’il continuait pas de tant l’aimer.

Le vrai, le faux, on ne les distingue plus. Y a plus de vérité, plus de certitudes, plus de réalité, plus rien, plus que le doute et le chagrin. Ilkyu, il pense, qu’il devient fou, ou même, qu’il l’est déjà. Hallucination probable, les morts ne se promènent pas comme cela. Peut-être qu’elle a raison, Hanae, peut-être qu’il travaille trop, que ça dégrade sa santé. Ça ne peut pas, être autre chose.


Pour une hallucination, étrangement réel. Aussi imaginaire qu’il soit, l’impact des mots n’est pas fantasmé. Parce que chaque parole qui échappe des pulpeuses, chaque son émis, est à la fois coup de poignard porté, et pour les oreilles ravissement inespéré. La plus douce des tortures. On voudrait le faire taire à jamais, tout en passant sa vie a l’écouter.

Et si j’étais cet homme dont vous parlez ? Que se passerait-il ? Vous croyez que nous irions boire un café pour faire l’historique de nos passés ?

C’est à n’en plus rien comprendre, qu’il pense d’abord. Confus. Aurait-il fait erreur sur la personne ? Mais c’est impossible, autant que le fait qu’il soit en vie. Le visage grave à jamais dans sa mémoire, est planté en face de lui. Seule différence, à part les années, c’est l’absence, des yeux vairons qui l’ont tellement hanté.

Puis l’amertume de la voix, elle non plus il ne la comprend pas. Et il tremble, Ilkyu. Tente de se donner une contenance en allumant un peu de cancer, abandonne après de longues secondes passées, à battre le briquet.

Et qu'est ce qu'il vous fait croire que je suis ce Kiju ?

Et il se demande, si tout de même, on ne serait pas en train de se payer sa tête, ouvertement. Chaque seconde qui passe est un coup porté dans ses certitudes, par un canon destructeur. Il ne sait plus, Ilkyu, ne sait même plus ce qu’il sait.

J'dois vraiment lui ressembler pour que vous vous mettiez dans cet état, non ?

Oh, à peine, menace de rétorquer le sarcasme. Tout juste son portrait craché. Désir pressant mais réprimé, de sortir la photo qu’il garde, pathétiquement, dans son portefeuille, d’eux deux. Eux deux, heureux. Dur de résister, à l’envie de la lui jeter au visage.


Et le monde ne tourne plus rond. Comme si les septs dernières années, n’avaient servi à rien. Plus de progrès, plus d’Hanae, seulement le chagrin. Le manque qui se fait monstre, vient dévorer ses entrailles. Il en aurait presque mal, d’envie de retrouver la chaleur, de ses bras, la douceur, de ses lèvres, la beauté, de sa voix. La sienne, est hésitante, le timbre timide. Ilkyu, rendu toute chose face à Kiju. Étrange état, qu’il croyait ne plus connaître.

Depuis quand tu me vouvoies…? Kiju...ça ne peut qu’être toi...quoique.” Un soupir. “Si tu, vous, étiez cet homme, alors...ce qu’il se passerait, c’est que je vous demanderais des explications. »

Une seconde de réflexion. Peur de l’erreur, d’avoir l’air d’un fou. Et la gorge qui se serre, bien trop, aux prochains mots prononcés.

Parce que, l’homme que je crois que vous êtes. Kiju. Je l’ai vu - non, rien. Je. Rien.

Il sait plus, Ilkyu, pourquoi il s’arrête. Si c’est la douleur qui l’empêche de parler, si c’est la terreur de s’être trompé. Sur l’homme qui lui fait face, ou bien sur l’incident. Et si, il était toujours vivant ?

Poursuivre s’avère compliqué, trop envie de pleurer, la voix trop dure à pousser. Mais il y est obligé.

Déjà...déjà, y a que lui, pour fumer ces horreurs là. Sans vouloir offenser personne. Puis...puis merde, Kiju, arrête un peu, veux-tu ? Y a pas moyen, pas moyen que ce ne soit pas toi. Ou alors, t’as un jumeau caché, je sais pas, c’est pas possible.

Chagrin se sentait seul, il a appelé colère. Voilà qu’elle tonne, dans la voix de l’aîné qui supporte plus, ces petits jeux, ces doutes, qui voudrait juste connaître la vérité. Aurait envie de l’attraper par le col, hurler à son visage, pour le forcer à cracher le morceau. L’habituelle masque de fer, laissé derrière lui. C’est dur, trop dur, d’être fort.

Putain mais c’est quoi, ça t’amuse de me rendre dingue ? Comme si ça m’avait pas suffit, sept ans. De me faire répéter en boucle que ouais, t’es ton propre portrait craché ? Le même visage, la même voix, la même putain de bouche, j’les ai assez fréquentés pour être capable de les reconnaître. T’as juste pris sept ans et…

Silence soudain. Il réalise, qu’il fait erreur, probablement. Honteux, la voix redevient calme, adoucie par la peine qui vient l’écraser.

...et t’as pas les yeux vairons. Je...dois faire erreur sur la personne. Excusez moi. J’voulais pas vous importuner.

Il voudrait fuir, Ilkyu. Mais ses jambes, elles refusent de le porter, ses yeux de se baisser. Condamné à scruter les moindres traits, d’un sosie de l’amant disparu. Souhaite disparaître.

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Yang Kiju
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MessageSujet: Re: L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu   Sam 17 Fév - 15:55


L'envie d'une cigarette

 








Kiju attend. Impatiemment. Il s'est retenu. Et pourtant, un mélange de colère et d'austérité semblait s'entendre dans le timbre de kiju, à l'égare d'Ilkyu. Puis cette voix est de nouveau dans l'air. Elle demeure plus faible ; moins assurée. Kiju n'aime pas ça. Il a toujours jalousé cette force qu'avait Ilkyu. Et là, il lui semble si fragile. Une envie de le prendre dans ses bras se fait sentir. Mais il n'ose même pas poser son regard sur son ex-amant. « Depuis quand tu me vouvoies…? Kiju...ça ne peut qu’être toi...quoique. » Depuis maintenant. Kiju ne sait plus ce qu'il fait. Pourtant la vie lui donne une chance de revoir cet homme. Et il passe à côté ; comme l'idiot qu'il est. Seulement, kiju entend ce soupir. Comme si Ilkyu se résignait à l'idée que ce soit lui. Et ce simple souffle expiré broie son cœur. « Si tu, vous, étiez cet homme, alors...ce qu’il se passerait, c’est que je vous demanderais des explications. » Des explications ? Kiju veut rire, d'ironie, sous cette douleur qui oppresse son organe. C'est plutôt à toi de m'en donner, Ilkyu. veut-il hurler à s'en époumoner. Mais son expression reste indifférente ; seul, ses dents s'acharnent sur sa lèvre inférieure. Compulsion qui revient vite pour calmer nervosité et énervement. « Parce que, l’homme que je crois que vous êtes. Kiju. Je l’ai vu - non, rien. Je. Rien. » Qu'a-t-il vu ? Le corps de kiju projeté par un véhicule ? Parce que cet idiot n'a pas été capable de regarder la signalisation avant de traverser. A-t-il vu le sang s'écouler sur le bitume ? Parce que kiju restait obnubilé par ce dos, qu'il n'ait pas vu la voiture arrivée.

Et kiju écrase son mégot de cigarillo pour le mettre dans le cendrier exposé pour. Sans s'en rendre compte, il en sort un autre de son paquet, couleur bordeaux ; prêt à le mettre entre ses lèvres. « Déjà...déjà, y a que lui, pour fumer ces horreurs là. Sans vouloir offenser personne. Puis...puis merde, Kiju, arrête un peu, veux-tu ? Y a pas moyen, pas moyen que ce ne soit pas toi. Ou alors, t’as un jumeau caché, je sais pas, c’est pas possible. » Un fin rire s'échappe maladroitement de ses lippes. C'est vrai qu'Ilkyu n'a jamais apprécié les black stone. Forte odeur et pourtant si douce. « Putain mais c’est quoi, ça t’amuse de me rendre dingue ? Comme si ça m’avait pas suffit, sept ans. De me faire répéter en boucle que ouais, t’es ton propre portrait craché ? Le même visage, la même voix, la même putain de bouche, j’les ai assez fréquentés pour être capable de les reconnaître. T’as juste pris sept ans et…» Kiju range finalement son cigarillo, ayant cet air d'indifférence sur le visage ; toujours tourné vers l'horizon pour ne pas faire face à Ilkyu. Son attitude pourrait même faire offense aux aînés qui passent aux côtés de ces deux jeunes gens. Cette apparence du je-m'en-foutiste. Pourtant kiju se retient. Il est à deux doigts de verser ses larmes tant retenues. Sept longues années sans Ilkyu. C'est si dur, même maintenant. « ...et t’as pas les yeux vairons. Je...dois faire erreur sur la personne. Excusez moi. J’voulais pas vous importuner. » Kiju est idiot. Un stupide imbécile.

Sa gorge est nouée ; et sa lèvre inférieure saigne légèrement. Grignotée par ses émotions. « Ilkyu.. » Seul mot, que kiju peut prononcer, difficilement. Et son organe se réchauffe à l'énonciation de ce prénom si doux. Il désire le dire à nouveau ; encore et encore. « Tu ne fais pas erreur. » Et kiju daigne enfin tourner son visage vers son ex-amant. Certes, ses pupilles vairons demeurent camouflées, mais c'est bien lui. Kiju observe les traits légèrement changés d'Ilkyu. Son regard est empli de douceur. Il n'arrive pas à être en colère bien longtemps face à Ilkyu. Injustice et faiblesse. Puis kiju tente de se rapprocher. Les mots restent coincés dans sa gorge. Alors les gestes parlent pour Kiju. Ses doigts effleurent la pommette d'Ilkyu ; avant d'épouser parfaitement sa joue de sa main. Kiju a l'impression de défaillir ; comme-ci, son Ilkyu allait disparaître lorsque ses paupières se refermeront. « Je suis désolé... Ilkyu. » Puis il retire sa main, dans un geste délicat, pour ne pas brusquer l’hôte de cette tendre joue. Il ne doit pas faire ça.

Et les mots d'Ilkyu résonnent enfin en lui. Long à la détente ce kiju. Ou simplement euphorique de revoir son premier amour. Raclant sa gorge, il reprend bien vite son air d'indifférence. Après tout, kiju désire aussi des explications. « Pourquoi t'es parti ? Pourquoi tu ne m'as pas appelé ? Ni même pris de mes nouvelles ? Lorsque je suis passé chez toi, c'est un autre qui a ouvert la porte ! Sans un mot, tu t'es barré ! Tu m'as laissé seul avec mon taré d'père ! Et tu voudrais des explications !? Tu te fous de ma gueule, Ilkyu ?! » Ça y est, la colère a remplacé l'indifférence. Et kiju hausse la voix. Il s'écrie. Il s'en fiche des gens autour d'eux. Il cri sa douleur, sa peine. Et il n'en faut pas plus pour que des perles salées s'écoulent sur les joues de kiju. Il est comme ça. Pleurnicheur. Au fil des années, il a appris à l'être que la nuit. Sauf avec lui, avec Ilkyu. Kiju n'a jamais réussi à feindre la moindre émotion bien longtemps face à cet homme. Bien trop fort pour lui.



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Eden Ilkyu
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MessageSujet: Re: L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu   Lun 19 Fév - 4:00


Kiju & Ilkyu

L'envie d'une
cigarette


Il était prêt, Ilkyu. Prêt à abandonner, reconnaître l’erreur, prêt à partir bosser avec un trou dans le coeur. Encore plus béant, plus douloureux qu’avant. Parce qu’il a eu de l’espoir, Ilkyu, pour la première fois en sept ans, il se l’est permis, d’espérer le revoir.

Il était prêt, Ilkyu, à admettre la défaite. Mais il a suffit d’une phrase, de la voix dont on ne se lasse pas, une phrase, pour que son monde se remette à tourner. Tourner, dans le mauvais sens, peut-être, parce que plus rien ne veut dire, quoi que ce soit. Drôle d’impression, que le monde autour est figé. Plus rien, dans cette rue, plus de passants, plus de gens. Reste seulement les anciens amants déchus, les deux gamins brisés, séparés puis rassemblés. Y a plus d’monde, Kiju, parce que le monde, c’est nous. C’est toi, c’est moi, c’est le son de ta voix.

Ilkyu..

Suffit de ce prénom, prononcé par cet homme, échappé de ces lèvres, pour que le palpitant s’emballe, batte trop vite, trop fort, de façon trop irrégulière. Et on en veut encore, jusqu’à ne plus pouvoir l’entendre. Voudrait embrasser les lèvres malmenées, pour les apaiser, c’est à peine si la conscience se rappelle que ce serait mal faire, mal vu, mal pris. Mal, tout court, vu les circonstances et les années. Presque maudite, cette fichue loyauté envers la fiancée, qui serait bien plus appréciée si elle pouvait, se faire oublier.

Tu ne fais pas erreur.” Et les mots résonnent dans son esprit, trop forts, trop durs, viennent frapper, inlassablement, sa boîte crânienne. C’est trop, beaucoup trop, à n’en plus rien comprendre, la tête sur le point d’exploser. Il est livide, Ilkyu, d’un coup, et il peut pas répondre, il peut pas penser, si ce n’est à cette pauvre phrase, encore, et encore. Le souffle coupé, les yeux veulent plus le quitter - comme s’il risquait, à tout instant, de s’évaporer.

On sait plus quoi ressentir. Y a cette joie insensée, qui cherche sa place, après ces années passées à croire, qu’il pourrait jamais le revoir. Mais elle est écrasée, par cette foutue colère, sentiment de trahison - pourquoi ? Pourquoi, Kiju, tu m’as laissé croire, tu m’as laissé, crever, à ta place, sur cette foutue chaussée ? J’n’attendais qu’un signe, ne l’ai-je pas mérité ?

Ilkyu, il voudrait exploser. Mais il peut pas, retenu par le contact inespéré, dont il crevait d’envie pendant toutes ces années. C’est trop doux, pour tout gâcher, cette peau sur la sienne, main sur sa joue, qui efface tout le reste. Ils sont seuls au monde. La terre, elle pourrait bien disparaître, il ne le remarquerait pas, pas quand Kiju est là, pas quand il le touche comme ça. Insensé désir, de prendre sa main et s’enfuir - Kiju, il a manqué plus qu’il ne pourra jamais le lui dire. Malgré tout figé, sans un mot. Pas de réaction. Tétanisé.

Je suis désolé... Ilkyu. Stop. Passée, la magie, éclatée, la bulle. Toujours seuls au monde, mais la Terre n’est plus qu’Enfer. Même le contact, si rassurant, a disparu. Et il se retient, Ilkyu, d’attraper sa main pour la garder sur lui, geste désespéré, avorté.

Les poings tellement serrés que les phalanges en sont blanches, difficulté certaine à se retenir de crier. La gorge est tellement nouée, que c’en est dur de parler, et Ilkyu, il a envie de pleurer. Et puis, c’est l’autre qui explose. Tout devient clair, les certitudes au feu, le coeur en morceaux.

Pourquoi t'es parti ? Pourquoi tu ne m'as pas appelé ? Ni même pris de mes nouvelles ? Lorsque je suis passé chez toi, c'est un autre qui a ouvert la porte ! Sans un mot, tu t'es barré ! Tu m'as laissé seul avec mon taré d'père ! Et tu voudrais des explications !? Tu te fous de ma gueule, Ilkyu ?!

J’le croyais mort, il me croyait lâche. Lequel est pire ?

Elle revient au galop, la culpabilité, mais pas celle qui l’a étouffé pendant des années. Bienvenue, à celle qui dit que, avec un peu plus de jugeotte, il aurait pu, tout éviter.

Vite balayée. C’est sa faute à lui, celle de Kiju. Comment savoir, sans signe de sa part ? Retour de la rage, des yeux assassins - s’il n’est pas mort sur le bitume, c’est Ilkyu maintenant qui tente de l’achever, regard mitraillette, le crible de balles.

Deux anciens amants sur un champ de bataille, ennemis improbables, le ressentiment comme arme, coeurs brisés comme motifs à la bataille. L’un d’entre eux, tirera aveuglément. Ne veut plus comprendre. Le corps mutilé, l’empêche de penser.


Tu te fous...tu te fous de moi, c’est ça ? Putain mais je t’ai cru mort, Kiju, tu comprends ça ?! MORT. J’ai pensé, que j’t’avais tué, parce que c’est ma faute si t’as traversé. Pendant sept putain d’années, j’ai cru t’avoir vu mourir devant mes yeux, donc tu m’excuseras ouais, si j’t’ai pas appelé, tu vois j’avais du mal à croire que tu répondrais.

Et étrangement il rit, c’est nerveux, c’est malvenu et malheureux. Les prunelles assassines, les mots moralisateurs, accusateurs.

Demander de tes nouvelles ?! Et à qui, hein ? Ton père, peut-être ?! Tiens, ça aurait été drôle, ça. ‘Eh bonjour monsieur Yang, j’sais que vous et moi on peut pas s’blairer et que j’ai déjà essayé d’vous cogner, mais j’voudrais bien savoir, il va comment, Kiju ? Toujours mort ? Ah ouais, j’m’en doutais.’ Je pense, qu’il l’aurait très bien pris.

Il pense plus, Ilkyu, que ça ne dépendait que de lui, de s’assurer de la véracité de ses croyances. Trop occupé, à crier, évacuer les peines accumulées.

Puis quoi, tu crois que, je suis parti de Séoul pour voir du pays ? Parce que ça m’faisait plaisir ?! Mais merde, mais c’est ma mère qui m’a traîné de force, parce que j’te voyais partout, parce que j’pouvais pas avancer - mais tu réalise un peu, Kiju, ce que j’ai pu vivre pendant sept putain d’années, à te croire crevé ?! Et toi, pourquoi t’as pas essayé de m’appeler, hein ? T’avais toujours mon numéro, à ce que je saches, et toi, tu savais que j’étais bien vivant. Y a quoi, qui te retenait de me téléphoner, m’faire savoir que t’allais bien ? Peut-être bien que tu te plais, à jouer les victimes, pouvoir prétendre partout que j’t’ai abandonné, ça te faisait plai -

Stop. Cessez-le-feu, trêve et drapeau blanc.

Ilkyu réalise. L’horreur dans ses paroles, la méchanceté de ses mots. Fausses accusations. Lui-même aurait crut, il le sait, être simplement délaissé. La colère veut parler à sa place, le garçon, trop faible, l’a trop laissée faire, pour soulager sa peine, le palpitant déchiré, abandonné. La fierté brisée.

Les yeux baissés, Ilkyu coupable, la voix calmée, un peu trop basse. On voudrait, se faire pardonner.

Désolé. Désolé. Je. J’suis désolé. J’aurais pas dû dire ça. Je...voulais pas, te crier dessus. Je voulais pas non plus, que tu penses que j’t’avais laissé...j’aurais jamais fait ça. T’avais vraiment une si petite estime de moi ?

Et on a peur, de la réponse, autant qu’on en a désespérement besoin. Le regard ose, finalement, confronter l’autre. Les lèvres, s’ouvrir, dans une dernière question, fatale.

Dis...est-ce que tu me déteste, Kiju ?

Dis moi que non, qu’on ne soit pas deux - parce que plus on parle, plus je me déteste un peu.

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Yang Kiju
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MessageSujet: Re: L'envie d'une cigarette :: ft Ilkyu   Mer 21 Fév - 17:48


L'envie d'une cigarette.

 







Sa respiration est hachurée. Kiju est empoissonné par la colère, qui vient d'éclater, en multiples questions. Il désire savoir ; savoir pourquoi son ex-amant l'a abandonné. En retour, kiju a le droit à un regard dès plus meurtrier de la part d'Ilkyu. Pourquoi !? Son organe se serre. Il n'aime pas ça. Il n'a jamais eu le droit à ce regard. Et kiju espérait ne jamais le voir contre sa personne. « Tu te fous...tu te fous de moi, c’est ça ? Putain, mais je t’ai cru mort, Kiju, tu comprends ça ?! MORT. J’ai pensé, que j’t’avais tué, parce que c’est ma faute si t’as traversé. Pendant sept putain d’années, j’ai cru t’avoir vu mourir devant mes yeux, donc tu m’excuseras ouais, si j’t’ai pas appelé, tu vois j’avais du mal à croire que tu répondrais. » Son visage montre de l'étonnement. Mort ?! Non, juste bien amoché et séjourné dans un long coma. Son paternel a demandé les meilleurs médecins sur son cas. Et « ça relève du miracle que votre enfant ait survécu à cet accident. » ont-ils prononcés. Pourtant kiju aurait voulu sourire avec la mort. Mais la vie en a décidé autrement. Et le rire nerveux d'Ilkyu cogne contre le cœur de kiju. Deuxième blessure infligée en quelques secondes. « Demander de tes nouvelles ?! Et à qui, hein ? Ton père, peut-être ?! Tiens, ça aurait été drôle, ça. ‘Eh bonjour monsieur Yang, j’sais que vous et moi on peut pas s’blairer et que j’ai déjà essayé d’vous cogner, mais j’voudrais bien savoir, il va comment, Kiju ? Toujours mort ? Ah ouais, j’m’en doutais.’ Je pense, qu’il l’aurait très bien pris. » Non, Ilkyu a tout faux. Son paternel l'aurait sûrement menacé de lui faire un procès pour harcèlement téléphonique puis lui aurait raccroché au nez. Monsieur yang a toujours été comme ça. Puissant homme d'affaire qui va droit au but, sans faire de cadeau à son adversaire. Et la fois où Ilkyu a abattu son poing sur le visage du patriarche yang ; kiju a fait un deal avec lui. « Si tu me promets de ne pas porter plainte contre lui, je ne m'enfermerai plus dans ma chambre et je te laisserais faire tout ce que tu veux. Si tu romps cette promesse, mon corps sera la preuve que tu maltraites ton unique fils. » Le soir même, les mains du vieux demeuraient autour de son cou. Kiju aurait tout fait pour protéger son premier amour. « Puis quoi, tu crois que, je suis parti de Séoul pour voir du pays ? Parce que ça m’faisait plaisir ?! Mais merde, mais c’est ma mère qui m’a traîné de force, parce que j’te voyais partout, parce que j’pouvais pas avancer - mais tu réalise un peu, Kiju, ce que j’ai pu vivre pendant sept putain d’années, à te croire crevé ?! Et toi, pourquoi t’as pas essayé de m’appeler, hein ? T’avais toujours mon numéro, à ce que je saches, et toi, tu savais que j’étais bien vivant. Y a quoi, qui te retenait de me téléphoner, m’faire savoir que t’allais bien ? Peut-être bien que tu te plais, à jouer les victimes, pouvoir prétendre partout que j’t’ai abandonné, ça te faisait plai - » Lui aussi voyait Ilkyu partout. Même hors Séoul. Il était perdu, meurtri. Il essayait de survivre dans la rue. Et au fond, la culpabilité le ronge. Même si son téléphone a explosé lors de l'accident, Kiju connaissait le numéro de son amour par cœur. Tous les jours, il désirait l'appelé, lui conter sa journée, et il composait les chiffres, mais jamais, il n'arrivait à appuyer sur ce putain de bouton vert. Cette peur de tomber sur une autre personne. Cette peur d'être abandonné une nouvelle fois. Cet espoir qui pourrait lui être volé. Cet espoir qui l'a toujours fait avancer. Tous les jours, puis peu à peu, il a abandonné l'idée ; jusqu'à se persuader qu'Ilkyu ne demeurait plus au Pays du matin calme. Sans aucune preuve. Et ces propos le blessent, plus qu'il ne le voudrait. Kiju pleure, silencieusement. Ses joues sont parsemées de ses gouttes salées. Les mots s'interdisent de sortir pour le défendre. « Désolé. Désolé. Je. J’suis désolé. J’aurais pas dû dire ça. Je...voulais pas, te crier dessus. Je voulais pas non plus, que tu penses que j’t’avais laissé...j’aurais jamais fait ça. T’avais vraiment une si petite estime de moi ? » Trop tard, la blessure est inscrite. Indélébile. Pourquoi dit-il cela ? Kiju a toujours admiré Ilkyu. Pourtant, il n'a jamais compris la raison de sa disparition. Bien trop préoccupé par le motif de l'abandon. Sa lèvre inférieure mordue par ses soins, la tête baissée, kiju essuie rapidement sa douleur glissée sur ses joues. «Dis...est-ce que tu me déteste, Kiju ? » A l'entente de ses mots, le visage du plus jeune se relève brusquement. Les yeux légèrement rougis par le duo de ses pleurs et de ses lentilles. Comment peut-il penser ça ?! C'est impossible pour kiju. « non.. » souffle-t-il. Il a encore la gorge nouée par tout ce qu'il vient d'entendre. L'organe vital serré et ses émotions qui se battent les unes contre les autres, pour essayer de s'exprimer en première. Colère, souffrance, tristesse, amertume, culpabilité.. Et c'est un kiju redevenu froid qui fait son apparition. L'armure d'indifférence de l'homme-enfant le protège de tous sentiments. « 82-93-523. ton numéro. Si tu n'as pas changé. » Preuve de sa culpabilité affichée. Oui, kiju n'a jamais pu oublié ces numéros, qui demeurent encore son espoir. Ses yeux camouflés se plongent dans ceux de son ex-amant. Il n'arrive pas à se détacher de ce visage, qui lui a tant manqué. « Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé.. J'aurais voulu te détester Ilkyu.... Mais ça m'est impossible.. » Sa voix se brise. Contraste avec son visage neutre. « Je n'ai jamais pu t'oublier. Sept ans. C'est pourtant long.. » murmure-t-il pour lui-même. Et Kiju réussit à détourner son regard. Difficilement. Il se retient de prendre Ilkyu dans ses bras, de le réconforter, même après toutes ses paroles blessantes. Kiju n'arrive pas à lui en vouloir. « Je ne te dirais rien sur ces sept années. En tout cas, pas ici, pas dans cette rue. Et je ne me justifierai pas sur mon comportement. Ilkyu, je n'ai jamais cessé.. » Il n'ose finir cette phrase. Les mots sont trop durs à prononcer. Il retire l'une des bretelles de son sac, de son épaule. Dans ce vieux bagage, il en sort le carnet qu'Ilkyu lui a offert. « Et dire que je te dessine encore.. » Kiju lui tend son bien le plus précieux, pouffant légèrement de rire, de nervosité et de honte, d'avoir encore cette habitude. Ses dessins sont liés à ses souvenirs. « Prends-le. Tu me diras, plus tard ce que tu en penses.. » Habitude qu'Ilkyu avait. Souvent complimenté par son ancien amour. Drôle de situation, où celui-ci s'offusquait lorsque kiju le dessinait nu. « Ça fera une occasion pour se revoir. » oui, kiju avait espoir de voir à nouveau, ce visage. Mais pas à l'improviste, pas dans une rue, où son passé pouvait être entendu de tous.

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