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 Le soir, tout est absurde ▬ ft. Kwangryul


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Arai Misa
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MessageSujet: Le soir, tout est absurde ▬ ft. Kwangryul   Ven 23 Fév - 20:28


   
ft. Kwangryul

   
Le soir, tout est absurde

   
   

   

 Tu voyais le Soleil se coucher, glisser un peu plus, prêt à disparaître, tomber. A cette heure-ci, il se faisait toujours remarquer. C'était son heure, sa gloire. Il éclairait le ciel d'un rouge orangé, d'une couleur si vive, si douce. Il criait regardez moi, je suis là. Pour ses dernières heures, il se donnait en spectacle comme si jamais il n'allait revenir. Et toi, tu faisais comme tous les autres. Spectatrice de ce carnaval, tu prenais le temps de regarder par ta fenêtre, parce que le froid était trop violent pour sortir. Il faisait l'effet d'une claque, il réveillait. Arrachait tous les courageux de leurs rêveries. A l'heure la plus douce, la plus calme de la journée, à l'heure où la journée les avait usés, le froid lui, venait la chatouiller. Pendant que toi, tu avais la chance de rester là, au chaud. Chance que tu n'avais pas toujours eu. Tes jours d'hiver à la rue était bien proches. Si proches que tu pouvais encore les toucher, encore y revenir. A y penser, tu frissonnais, comme si tu te trouvais déjà dehors.

  Aujourd'hui, tu n'étais pas allée travailler, seulement étudier. Tu avais observé l'art prendre forme, redonner espoir à tous ces jeunes perdus. Tu avais pu étudier poésie et tendresse, absurdité et violence. Pendant que eux étaient touchés, toi tu restais là, de marbre. Plus rien ne t'atteignait. Pas mêmes ces petites choses, qui te faisaient revivre autrefois. L'art n'a de sens que lorsqu'il est plein de souffrances. Pourtant ces années, la tendance était à l'amour. A la vie dont on profitait, la vie dite si belle. Cette vie que tu ne menais pas et que tu ne mènerais jamais. Alors l'art, lui, devenait insensé. Tout autant que tu l'étais.

 Ce soir tu avais décidé de ne pas sortir. Du moins, pas pour travailler. Ce soir, la vie n'avais pas de sens. Ce soir tu n'avais pas envie de te vendre. Tu n'avais pas envie de te sentir objet en vitrine. Tu n'avais pas envie de te sentir viande en rayon, gibier face au chasseur. Ce soir tu avais envie d'un peu de ce respect. Cette substance non vendue, qu'on ne trouve plus si facilement. Cette chose, que tu n'avais même plus à offrir. Parce que toi aussi, tu faisais partie de la jeunesse cassée qui en voulait au monde entier. La jeunesse qu'on ne peut soigner, la jeunesse malade à en crever, mais qui sera toujours là, pour tout défoncer. Pour tout détruire sur son passage. Pour qu'on ne puisse plus jamais tourner la page. La jeunesse devenue clichée.

  Ce soir, rien n'avait de sens. Les heures s'écoulaient, à une vitesse étrangement incroyable. C'était comme un film dans lequel les parties inutiles étaient sautées. Pourtant, ton existence était toujours bel et bien réelle. Ce soir, tu sortirais. Tu irais voir Kwang. Parce qu'il était le seul dont le visage ne te lassais pas. Le seul que tu pouvais voir indéfiniment. Il ne t'agaçais pas. Sa sincérité était précieuse. Son existence elle-même. Du moins, elle donnait un semblant de sens à la tienne. Ou pas du tout, d'ailleurs. Peut-être que plus tu le voyais, plus ta vie devenait insensée, inutile, incompréhensible. Peut-être même que plus tu le voyais, plus tu te détachais d'elle. Mais vous vous étiez bien trouvés. Deux âmes esseulées, déchirées, abîmées. C'était pas le destin. Du moins, ce n'était pas ce que tu croyais. Cela devait juste arriver, alors tu ne l'as pas empêché. De son côté, il a fait pareil.

  Ton paquet de cigarettes en main, tu te levas enfin. Tu enfilas ta veste, et pris tes clés. Sans rien prendre d'autre que ça, et puis un briquet, tu sortis du bâtiment. Ce soir, c'était l'heure de se retrouver. La nuit était déjà tombée. Les étoiles scintillaient dans le ciel, et c'était parfait. C'était votre habitude, de vous voir à ce moment là. Sans avoir aucune idée de l'heure qu'il était, parce que le temps était abstrait. Il te l'avais dis. Et depuis, t'y avais pensé. Des nuits durant. Tu ne cessais de te dire la même chose. Tu y réfléchissais, et tu te disais, putain merde, ce mec est un génie. Il est ce dont tu avais besoin. C'est pas un confident. C'est pas un ami. C'est juste quelqu'un dans ta vie. Quelqu'un qui en sortirait peut-être un jour, mais pour l'instant il était là.

  Tu pris le temps d'allumer une cigarette, sans trop le prendre quand même. Tu ne t'arrêtais jamais pour ça. Autant faire plusieurs choses en même temps, pour ne pas perdre de temps. Même si le temps, tu n'en manquais pas. Parce qu'encore une fois, le temps, c'était une chose abstraite. D'ailleurs, c'était quoi, réellement ? Qui était à l'origine de cette notion de temps, d'heures, de journées ? Peut-être que finalement, ça n'avait aucun sens. Que c'était seulement une continuité. Et que les êtres humains cherchaient toujours à tout compliquer.

 Tu trouvas ton camarade dans le parc plus que silencieux, en cette nuit de février. Les gens n'étaient plus courageux, ils ne voulaient plus sortir. Vous étiez probablement que tous les deux. La Corée s'était fragilisée, pendant que vous, les durs, les forts, vous endurcissiez encore plus. Un faible sourire se dessina sur ton visage lorsque tu l’aperçus. Tu ne pris pas la peine de lui dire bonsoir. Il n'y avait pas de ça entre vous. C'était un truc comme ça. Un de vos trucs à vous, un peu spécial. Tu fis le choix de rester silencieuse un instant, recrachant seulement la fumée toxique que tu passais ton temps à respirer. Puis enfin, tu vins briser le calme de la nuit.

«  Y a personne. C'est calme, c'est tout bizarre. Tu trouves pas ? Tu crois que ce soir y aura des étoiles filantes, et qu'on pourra faire des vœux qui se réaliseront jamais ? »

   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
   
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Yeo Kwangryul
Sweet Sugar, Honey
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MessageSujet: Re: Le soir, tout est absurde ▬ ft. Kwangryul   Ven 23 Fév - 22:07


Le soir, tout est absurde
kwangryul ϟ misa

« If you're the sun, I'll be the moon. Tonight, I dedicate everything to you »
月蝕 - 슈퍼주니어 (<- tu peux cliquer pr écouter ptdr)
Tu ne vois que le soleil qui se couche ; les enfants qui courent ; ta voisine étendre son linge.
tu ne vois que le soleil qui se couche sur le reste de la ville, toi si petit, toi qui surplombe pour quelques instants le monde.
Mains dans les poches, buée pour fumée, un sourire sur ton visage rosé ; personne ne voit la couleur de tes joues, personne ne se doute de rien.
Tu as bu.
Un verre, ce n'était qu'un verre ; un verre qui se transforme en deux, en trois, des verres qui font du bruit, des verres qui se cognent.
Tu es heureux, satisfait ; tu ne te poses pas beaucoup de questions aujourd'hui -pourquoi le ciel est bleu, que font les oiseaux, et les nuages, et les gens, et le monde, comment vivent-ils tout ceux que tu ne vois pas ?, il n'y a rien de tout ça.
Il a l'amer de l'alcool dans ta gorge ; l'amer de la vie dans ton coeur ; l'amer de tes larmes dans tes yeux.
Il y a des jours où rien ne va, rien de sourit, des jours où tu faiblis. Tu devrais bomber le torse,
tu es fort, non ? c'est ce que tu te tuais à répéter, ce que tu te forçais à dire, je suis fort, mais tu fais rire le monde aujourd'hui.
Pas de funambule, tout n'est qu'un fil, celui de ta vie. Un pas, et tu pourrais le voir couper en deux, un pas, et tu pourrais le briser, ni une, ni deux.
Pas de funambule et rires aux éclats ; tu es un enfant que l'on a perdu. Tu voudrais leur dire des choses à tout ceux qui te regardent -comment ça ce n'est pas l'heure, mais qu'est-ce que l'heure, mais qu'est-ce que le temps et pourquoi faut-il se lever le matin, se coucher la nuit,
dormir quand la lune se fait reine et se lever quand le soleil se fait roi ; pourquoi ne peut-on pas inverser les règnes ? Qui a décidé que l'astre solaire devait être celui qui gagne ? Toi, tu a déclaré la lune victorieuse.
C'est celle qui a eu ton coeur ; celle qui a eu tes jours. Elle est celle qui guide tes pas, qui rythme tes nuits. Tu n'es pas comme tout le monde Kwang, et la nuit, c'est là que tu vies ;
ils vont te dire que tu n'es pas le seul, mais tu te sens unique, parce que toi, tu as arrêté de vivre le jour, de faire comme tout le monde.
Tu sors quand le soleil se couche, quand le rouge se dessine, quand l'ocre se fait nuage, quand soudainement le monde est un tableau, une peinture, une oeuvre d'art que tu ne peux pas comprendre.
Mais tu ne comprends rien, Kwang et c'est bien ça ton problème.

Tu as bu, tu es heureux.
Ca ne se voit même plus ; ton ivresse s'en est allé avec le soleil. Il n'y a plus rien, rien de plus que le goût amer de l'alcool au fond de ta gorge.
C'est désagréable ; tu aimerais boire un peu plus encore, boire pour oublier ce goût qui te dégoûte, boire pour oublier ce qui reste, boire pour nettoyer.
Tu es debout sur un banc ; un vrai enfant.
Tu es debout sur un banc, comme si tu pouvais attraper les étoiles ; les mains levées vers le ciel,
les doigts tendues vers les astres, tu voudrais caresser la voie lactée, effleurer les nébuleuses,
tu te hausses sur la pointe des pieds comme si tu pouvais passer un moment en tête à tête avec celle qui brille le plus fort encore là-haut.
Soupir.
« Tu me files une cigarette ? » demande dans le vent, sourire charmant. Tu tends une main -il fait froid, main qui tremble, main qui rit. « Je voudrais voir mille étoiles tomber, si ça veut dire que je peux les ramasser. » mais c'est triste, les étoiles qui se font la malle.
Elles sont un peu comme vous, au fond. Elles ont en marre, « Peut-être qu'elles veulent vivre une autre vie aussi, être autre chose que des étoiles.. » et peut-être qu'elles voudraient être des hommes autant que vous voulez êtres des étoiles ; échangez, « J'aimerais devenir une galaxie. » et n'être rien, vide, loin, inconnu.
Tu aimerais être ce que l'on cherche sans jamais trouver.
« Les voeux, c'est idiot. » parce que toi, tu as perdu les tiens.
(c) DΛNDELION


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Arai Misa
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MessageSujet: Re: Le soir, tout est absurde ▬ ft. Kwangryul   Sam 24 Fév - 23:18


   
ft. Kwangryul

   
Le soir, tout est absurde

   
   

   

 Kwang, c'est un mystère. L'étoile polaire qui éclaire tes nuits. T'as pas spécialement demandé à ce qu'il soit là, mais au fond, il l'est toujours. Comme l'étoile dans le ciel, il est toujours présent. Tu le vois pas forcément. Il se cache, se fait discret. Et il sort sa tête des soirs comme celui-ci. Kwang c'est ce type un peu spécial, dont tu ne peux te passer. C'est un peu comme cette cigarette, qu'il te demande. Tu tentes une fois. Puis deux, puis trois. Tu te dis que ça va, que t'es pas accro. Puis un jour, tu te rends compte que c'est plus trois, mais dix. Sans que tu t'en rendes compte, ça prend place. Ça s’immisce dans ta vie, sans te demander ton avis. Mais t'as pas forcément dit non. En fait, c'est pas plus mal ainsi, et tu le sais. Il t'apporte une forme de soutient invisible. Vous ne vous encouragez pas, et pourtant, c'est comme si. Vous parlez de la vie, de la mort, de rien, du vide, du néant. Tu te sens pas revivre avec lui. C'est plutôt comme si toi, t'étais le bâtonnet et lui le briquet. C'est toi qui te consume pendant qu'il se vide de son gaz. Au final, vous ne vous apportez pas grand chose. Ou peut-être que si. Mais tu t'en fous. T'es bien avec lui, c'est ce qui compte. Alors à sa question, tu hoches la tête. T'en as toujours sur toi, tu fumes peut-être plus d'un paquet par jour, tu ne sais pas. Tu fais tellement de réserves, que tu peux pas refuser d'en donner. Alors tu lui tends ton paquet, suivit de ton briquet rouge à pois blanc. Ton briquet un peu ridicule, qui fait toujours rire quand on le voit. Il est aussi laid que toi. Il ne sert qu'à tuer, qu'à ôter la vie des gens. Et jusqu'ici, toi aussi, tu n'as servi qu'à ça.

  Tu ris à ses paroles. Elles sont belles, mais tant idiotes à la fois. Tu ne te moques pas. Ou peut-être un peu, tu ne sais pas bien, parce que tu ne ressens rien. Ramasser les étoiles, pour en faire quoi ? Tu souris bêtement, parce qu'encore une fois, tu ne sais pas. Tu n'es pas bien, dans l'immédiat. Mais tu n'es pas mal non plus. Et puis merde, on s'en fout. On s'en fout de tout, rien n'a d'importance. Tout est absurde.

« Tu serais prêt à te brûler pour elle, tout en sachant qu'elles t'apporteraient jamais rien ? » demande-tu dans un soupir, crachant une fumée dont on ne savait si l'origine était le froid où le tabac. « Tu crois qu'elle sont comme nous ? Qu'elles veulent se faire la malle ? Tu crois qu'être des étoiles ça leur convient pas ? Qu'elles rêvent d'atteindre le Soleil où même d'être à notre place ? Elles nous observent peut-être, de là où elles sont. Si ça se trouve, quand on lève la tête, on croise des milliers de regards perdus. »


  Tu souris à sa réflexion. Tu sais qu'il ne l'a pas dit spécialement pour toi. Qu'il ne le dit pas parce qu'il veut te le dire, parce que tu es là. Il pense à voix haute, tout comme si tu n'étais pas là. Il n'attend pas ta réponse. Parce que des fois, vous restez silencieux, sans réponse. Sans rien à dire, comme deux glands. Alors dans un murmure, tu lui demandes : « pourquoi ? ». C'est poétique. Ca n'a pas plus de sens que de l'art, du moins aux yeux du monde. Mais peut-être que ça aussi, faut essayer de comprendre. Peut-être que si tu essaies, si tu essaies de te mettre à sa place, même si ça ne sera jamais possible, tu verras. Tu te laisses tomber, tu soupires. Tu coinces ta clopes entre tes lèvres, et tu t'allonges. Tu regarde ces étoiles, un sourcil arqué. Est-ce qu'elle te voient ? Est-ce que depuis le début elles t'entendent ? Tu ne sais pas. Qu'est-ce que leur vie doit être dure. Elles sont des milliers, là-haut. Toutes les unes sur les autres, comme vous. Elles peuvent pas respirer, elles n'ont plus leur espace. Elles voient leurs petites sœurs mourir, et s'éteignent petit à petit. Tout comme vous vous éteignez. Toi, t'es déjà éteinte depuis longtemps. La lueur est partie. T'es finie, foutue. La lumière c'est pas pour les gens comme toi. Pas pour les gens comme lui non plus. Tu fermes les yeux un instant, avant de lui répondre : « Qu'est-ce qui est pas absurde, hein ? Le concept même de la vie est absurde. Alors tout ce qu'on en fait, tout ce qu'on voit, tout ce qu'on pense, l'est. Ca a aucun sens, c'est incompréhensible. Tellement qu'on a abandonné nos recherches pour tenter de comprendre. Les vœux sont des légendes urbaines, comme les rêves. Ca devient jamais réalité. Quand bien même si tu le souhaites aussi fort que tu le peux. C'est pourri. Pareil que la publicité mensongère à la télé. »

  Tes deux mains se posent sur ton ventre, dont le nœud s'en est allé. Il s'est fait la malle avec les étoiles. Il a prit le premier wagon, il a flippé. Il s'est dit qu'il voulait plus travailler avec toi. Et tu le comprends, c'est pas une tâche facile. Mais tu l'en remercie, fortement. Un rire passe la barrière de tes lèvres. Ce rire amer, plein de reproches. Ce rire qui donne envie de te claquer. Cette hypocrisie sur ton visage, au fond de ta gorge. Elle est logée, quasi impossible de la déloger. C'est fade. Tout est fade et toi t'es acide. Y a des tas de trucs piquants, chez toi. Tu tournes ta tête vers lui, et tu souris.

«  Tu sais ce que je voudrais être, moi ? Une feuille. Elles se détachent facilement, et se déplacent sans effort, sans jamais savoir où le vent va les mener. En plus, elles sont pas nocives. Elles disparaissent sans qu'on les remarque. »

   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
   
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